New Mornings

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Few things have changed since I’ve flew across the world. Language first, obviously. My brain is turning into new habits. Habits of an imperfect English speaker. Suddenly my first thought when I wake up pop in this childish approximate English.I count my days left in Sydney in English. I count my money left  English. Well, for both it’s so easy that it’s almost nothing. Time runs faster than I do; my first day cruising in Bondi was yesterday, whereas I have to live tomorrow !

Whenever, daytime starts very early in here. Sun is up and warming us up from 5.30 This is the best moment to enjoy it. City is not fully awaken yet, carpenters haven’t start their noisy hard work, shops and bakeries doors are half open. Here are your last few minutes left of silence. Only birds and ocean sing.

When 6 o’clock rings, coffee time is calling. Citizen’s motion is on.

High skilled Baristas turn Marzocco machines on. They start grinding their chosen coffee beans, checking their soy-plain-rice-almond milk stock. Shia seeds are ready to serve, soaked all night in organic coconut, seasoned with local honey, topped with fresh mango and roasted nuts. Chaï tea is perfectly brewed.

Fit girls just go out from their Bikram Yoga lesson, sweaty, healthy and hungry. Stretching their tanned legs while waiting for green cold press juice. Well, here are Bondi girls.

If you wake up in Surry Hills-that can happen whereas it was not on purpose- girls won’t be wearing Nike leggings but vintage Levi’s shorts. A little less gym, a little more fashion. Same cold pressed juices loved.

Wether you are in Bondi, Newtown or SurryHills, Sydney morning cafés will always recover you from this mad hungover hitting your face. (Yes, some things never change)

Breakfast is sacred as good coffee is. I was used to Parisian expresso, that I could probably never drink anymore, or at least never call coffee. Little Cafes roast their own beans. Coffee in Sydney is serious. Baristas are obsessively efficient And passionate. And, indeed, you definitely enjoy your morning coffee in such a different way !!

This is not anymore about getting a shoot of caffeine to feel alive. It’s about taking your time to choose first. Expresso, macchiato, latte, flat white, cappuccino, mocha, copious, long black. Single or double shot. Soy or almond. brown sugar or not.

Then, take your time, taste it slowly.

if you’re not hungry enough yet, don’t worry. Any cafe you’ll decide to stop by later will offer you an amazing breakky menu. of course, some are better than others. But mainly, they know how to deal with scrambled or poached eggs, avo side on toast and extra crispy bacon. Homemade muesli, cookies, muffins and carrot cakes are very good standards.

There is no need to check reviews too much, as I used to do in Paris to avoid scammers of hospitality. in here, it seems that everyone wanna do it well. Comfort you with his food, smile, sweet beard and perfectly balanced chai latte.

Oui, c’est vrai, c’est parfois too much. everything si alright, everbody is over smiling, And kind, And helpfull, And ..what? will we really complain about it…?

Monday, 29 of November, 31 degres. It’s almost 9am and you’re late for Sydney. You painfully open your eyes, sun hit you through the curtains, fresh air from balcony just tip your skin. House’boys are still asleep. One storing on the sofa, one rolled into his sheet , the third one left at 5 to go fishing, or end his nigh on the boat ground probably.

On your way to grab the holly ice-long black, you cloudy remember Sunday at Rootstock festival, and all those delightful natural wines. Cruising on footpaths trying to remember tastes and faces.

You finally land on a comfortable bench at Cafe Con Leche, columbian-australian cutest place around. You stay for hours, watching local’s ballet in and out to get their take away fav drinks. When the young waiter brings your pineapple-orange-ginger-cucumber juice, you feel better already. In your bag, you notice this little notebook barely open since you arrived. And the pen fixed on it. And no more reason to not try new things, new skills, in this new morning.

 

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Cafe Con Leche

104 Fitzroy Street NSW Sydney

Open everyday from 7am to 4pm

En plein coeur

artichaut

 

 

Hier, aux alentours de 4h du matin et quelques verres, un ami cher* m’a tenu à peu près ce propos: « On t’aime comme tu es bordel. Si ça plait pas à certains, tu les emmerdes. On t’aime, c’est comme ça, c’est tout, tu les emmerdes, ok? »

Majeur brandi pour majorer ses dires, j’avais compris.

J’ai versé encore quelques larmes d’hésitation, expié les doutes à la lueur d’une absence de lune, puis repris la plume.

Mon coeur est un mille-feuilles, fragile et démesurément garni, prêt à déborder de tous ses sentiments quand on le coupe. Ses feuilles sont les strates chronologiques de rencontres merveilleuses, parfois douloureuses, toujours précieuses.
Je suis l’artichaut à l’infini, éparpillée éparpillant des petits bouts de coeur au bout de mes feuilles. Planté en plein champ, j’ai poussé ici à Paris, étoffant mon feuillage jour après jour de ces nouvelles amitiés, complicités naissantes, amours fulgurants.

Et si l’on me mangeait demain,  à chaque feuille mordillée j’énoncerai vos noms, un à un. J’en oublierai c’est sûr, mais arrivant enfin au coeur vous seriez tous là. La chair dense, délicate et puissante du coeur d’artichaut, la saveur douce amère des souvenirs. Le coeur, socle des émotions.
Manger un artichaut comme feuilleter un album photo, celui de mes quelques trente dernières années à vos côtés. Feuille après feuille je savoure ma fleur préférée et pense à vous à chaque bouchée. Il y a les fidèles, les depuis toujours, les qui le seront pour toujours, les passages-éclair, les sans en avoir l’air. Il y a des années qui passent sans qu’on s’en aperçoive, des visages des figures, tournées vers le futur.

J’en oublierai mais arrivant enfin au coeur vous seriez tous là, c’est sûr, Dominique, Michel, Adrien, Noelle, Marieke, Julia, Julien, Audrey, Yoann, Nicolas, Matthieu, Jonathan, Julien, Stephanie, Victor, Léo, Christophe, Sophie, Morgane, Hugo, Valentin, Marion, Boris, Boussic, Sarah, Gardon, Jean-Philippe, Agnès, Emile, François, Donald, Basile, Adrien, Mélanie, Anto, Greg, Olivier, Minou, Léo, Florent, Natasha, Guillaume, Laetitia, Thomas, Antho, Piri, Angélique, Perrine, Greg, Ben, Estelle, Kévin, Olivia, Lo, Fabrice, Raman, Laurence, Juliette, Allan*, Loren, Lelio, Daniela, Agathe, François, Romain, Josee, Alexis, Edith, Valentin, Cécile, Charles, Lucile, Guillaume…. Le fil de ma mémoire s’entortille, les feuilles s’empilent et se confondent, et mes souvenirs se fondent.

De près ou de loin, pour de vrai pour de faux, de jour comme de nuit, j’ai entendu vos voix, ri à vos mots, souri à vos lèvres, marché dans vos combines, appris de vos talents, marché sur vos talons, dansé dans vos salons. Ce que l’on partage, que ce soit le temps de toute une vie ou juste d’un regard, s’inscrit sur les pages de ma mémoire et écrit mon histoire.

Vous êtes, avez été, serez, la crème de la crème pour mon mille-feuilles. Vous êtes la gousse de vanille en infusion; vous êtes la saveur, l’umami, le sel de la vie. Alors un peu beaucoup passionnément ou pas du tout, et avec mon grand bordel de coeur d’artichaut, je vous aime.


(ps: pour l’amour, pas de recette)

No more panic / oh my homard

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On réactive les cordes sensibles à trop tirer dessus. C’est mieux que de se pendre, c’est si bon de se perdre. Marcher sur le fil, mon horizon perdu dans les nuages, les vapeurs de nos nuits, oui marcher sur le fil d’un extrême à l’autre tendu à travers vous.

Un pied devant, l’autre en équilibre au dessus du vide. Le pas hésitant qui fait balancier, qui à tout moment peut tout faire basculer. Tu es si vulnérable perchée sur cette ligne de vie au creux de leurs mains.

Leurs mains, douces et fortes sur ton cou, au creux du coeur, dans les recoins du corps. Les mains des hommes comme filet si je tombe.

Ce sont les mains du père en filigrane, grandes, épaisses, rudes et rassurantes à la fois. Celles que l’on garde en ligne de mire la première fois qu’on pédales sans petites roues, au cas où. Celles qui nous soulèvent bien haut quand on est fatigué de marcher. Celles qui menacent quand on fait trop de bêtises. Ce sont les mains adroites qui préparent les hameçons pour la pêche, les mains puissantes qui portent commodes et tableaux, les mains fuyantes qui portent le verre à la bouche.

Je m’accroche à vos mains comme à des lianes, d’arbre en âme je me balance. J’ai la souplesse du petit d’homme, Chita ascendant Jane. D’arbre en âme je trace des allers retours de haute voltige, vertige. Sans trop y penser je joue à tout balancer.

J’aime danser sur la corde raide, ivre des instants éphémères et de nos derniers verres, pour vérifier qui me rattrape quand je succombe. Il faudrait pourtant marcher sans filet petite, finies les petites roues et les grands hommes. Ce serait juste toi et le vide, toi et la vie. Ce serait peut-être cesser les acrobaties vertigineuses, descendre en rappel vers la terre ferme. Ce serait peut-être au contraire jouer à balles réelles; assumer la chute d’un élan manqué, l’échec d’une figure mal maîtrisée. Etre le funambule libre. Etre celle qui choisit la corde et les points d’attache, qui décide la distance et la résistance.

Par peur du vide j’ai longtemps choisi de ne jamais me laisser le temps de l’apercevoir. Aller vite, d’une seconde à l’autre toujours en mouvement, de l’un à l’autre continuellement. D’une liane l’autre à la vitesse de la lumière, éblouie volontairement, je survole ainsi mes peurs abyssales.

Mais on n’échappe pas à ses peurs indéfiniment. C’est grandir que de les affronter, quand on n’a plus le choix. Quand personne d’autre que toi ne sautera le pas. Je ne pensais pas pouvoir « le » faire. Pas, jamais, never.

Me voilà face à cet animal à mille pattes, vivant et vibrant, mygale de la mer: l’objet de toutes mes angoisses en carapace royale. Je me revois tétanisée à la vue d’une minuscule araignée, tapie à l’angle du plafond, lointaine, inoffensive. Je me revois prise au piège d’une peur qu’on n’explique pas, qui te tourne la tête te retourne le ventre. C’est la paralysie, l’asphyxie, la phobie.

Et je me vois aujourd’hui face à ce monstre délicieux, objet de désir et d’effroi à la foi. Je n’y ai pas cru une seconde. La suivante il était cuit.
Saisi, tenu, à mains nues, maîtrisé, coupé, assaisonné, grillé vif. J’avais réussi avant même de m’autoriser à croire que j’en étais capable. J’avais survécu, affronté les mouvements aléatoires et irréguliers de ces pattes tentaculaires, de ces pinces désynchronisées. J’avais vaincu la peur parce que je n’avais pas le choix. Le mécanisme réactionnel habituel s’était tu. No more panic.

Je reste encore mitigée quant à l’effet de cette découverte. Je jubile discrètement d’avoir expérimenté le dépassement de soi; tout en m’inquiétant d’avoir au même moment expérimenté le sacrifice d’un être, à des fins personnelles. Et faims personnelles. Oter la vie à ce superbe homard, geste anodin pour certains, avait eu pour moi des conséquences très conséquentes. J’avais découvert la part téméraire de moi-même en goûtant la chair des chairs.

 ***

Pour en arriver là, ou à peu près:

Procurez-vous un joli homard (pêché à Concarneau par Jean-Pierre Coïc par exemple, et rapatrié par Poiscaille). Armez-vous d’un très grand couteau, solide et résistant, comme vous. Allumez le grill du four, puissance maximale. Coupez net. Je vous mets une petite vidéo pour les détails. Salez la chair, ajouter pas mal de beurre, un zeste de combawa si vous aimez, et du piment d’Espelette. Enfournez 7 à 8 minutes en haut de votre four. Sortez les bêtes, séparez les grosses pinces et remettez ces dernières au four 3 à 4 minutes supplémentaires. C’est tout, mais c’est déjà beaucoup.

Chercher ses mots // L’ Orillon, Paris XI

Assise sur ce banc ensoleillé, griffonnant malhabile au stylo bille, je me vois répéter le schéma. Des lignes en italique anarchique, pleins et déliés qui montent, descendent en cadence. Voilà, les lettres se forment et ma langue se délie. Le trait routinier suit sans hésiter son axe préféré. La tendance? Des rimes des assonances, mon énumération étouffant la narration. J’essaie pourtant de faire de la résistance. Changer d’encre, de tempo, d’optique, allez quoi ! Mais rien n’y fait. Le rythme de mes syllabes s’accroche au papier. L’ habitude noircit les pages du bout de la plume, un genre de destin-enclume.
Je rêve souvent les nouveaux mots, ceux qui s’enchaînent et s’envolent au delà des lignes pointillées du cahier, et me libèrent de ces chaînes. Je rêve d’une trêve avec la trame, trop tracée, de ma vie dans la vie empêtrée. Mais j’ai l’index figé, le pouce coincé, la motricité étriquée. Je répète en pleine inconscience, dénuée de toute volonté, comme un automate vieillissant. J’aurais appris quelques figures, le mécanisme branché sur la fêlure, trois petits tours et puis s’en vont? Enfin voyons… Quelle tristesse que de se laisser emprisonner par le passé, le savoir-faire rassurant d’un succès suranné.

Mais rien n’y fait je te dis. Les habitudes tiennent bon, s’ agrippent et t’ enlacent, te rassurent malgré tout. Il ne faudrait pas cesser de les combattre pour autant. J’ai jeté ma boîte à crayons. Puis j’en ai sauvé un de l’extinction, apeurée par le sait-on jamais. Puis j’ai gribouillé mes trucs comme d’hab. Des petites peurs en O  fermé à double tour, des angoisses oppressantes en T majuscule, des virgules à outrances pour ne pas cesser de respirer… et cetera et cetera et cetera. Les lignes malignes ont rempli les vides, efficaces point à la ligne. Alors j’ai repris la voyelle sublime, celle de ces histoires d’ A auxquelles on ne croit pas. Evidemment il m’a fallu quelques crochets, c’était les pluriels nécessaires. Puis des courbes en aller-retour et des points sur les i. Sans oublier les deuxL-E, pour les amies, essentielles. J’ai fait tout l’alphabet, sans ordre et sans regret. J’ai repris mes classiques, mes gammes métriques, mes rituels syntaxiques.

Certains disent reculer pour mieux sauter. J’y songe, j’y crois. Affuter pour mieux couper. C’est comme ça que j’espère me faufiler dans les mailles du filet; celui que je me tends, ce piège noir sur blanc. Passer entre les lignes, froisser le papier et mon égo, sauter en marche et laisser courir l’encre. Si l’écriture est une libération, dans ce carcan des habitudes elle devient pour moi aliénation.  Mes mots à la con, mes phrases sans phare, l’absence de liaisons, de cohésion, l’omniprésence, les redondances, mes mots à la con mes phrases sans fard.

J’hésite encore ce matin, à me blottir dans la douceur des habitudes. Si les mots m’agacent, me déçoivent, me lassent, il est des domaines au contraire  où le rite et la répétition du geste me comblent, sans jamais m’accabler. Le chemin battu, tel la crème sur les figues d’été, est parfois la voie évidente, réconfortante.

C’est regarder pour la sixième fois un film de Bezançon. C’est relire This is water de David Foster Wallace. C’est enfiler la salopette en jean. C’est boire un café, serré, sur le 3ème tabouret en partant de la droite au Bastringue. C’est un poulet rôti à Jules Joffrin, des madeleines à Marseille, des abricots rue du Chemin Vert, une mousse au chocolat à Santeuil, un Boit Sans Soif à la Cave, une Margarita aux Triplettes. C’est écouter la même chanson en boucle. C’est danser jusqu’à ce que le soleil se lève. C’est s’oublier dans la frénésie de la nuit, s’extasier du soleil au matin.

C’est aller à l’Orillon, au comptoir, négligemment s’asseoir et se laisser nourrir. D’un bouillon essentiel versé sur la bonite crue, les légumes croquants, les pétales d’ail frits, les amandes grillées, le choux-fleur vinaigré. C’est confier ces moments d’errance au savoir-faire et à la bienveillance d’un aîné.

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L’ Orillon bar
35 rue de l’ Orillon
75011 Paris

Ouvert du lundi au vendredi pour le déjeuner de Monsieur Thomas Chevrier (plat du jour 10euros, formules 13 et 16 euros)
Ouvert du mardi au samedi soir pour les sourires, les cocktails et les planches de douceur de Guillaume, Antho et Valentin.

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