Une chose est sûre. Tartare de meufs.

Tu te demandes sans cesse ou chercher le réel. Dans les sentiments ou les faits, dans les songes ou dans l’action. Tu te perds à chercher ce qui n’existe finalement que lorsque toi même le définis. Tu cherches ce qui ne se trouve pas au détour d’un chemin, par hasard, mais se construit de l’intérieur. Le réel, c’est toi.

C’est toi qui songes, toi qui décides.

Décide de petites choses, entraîne-toi.

Le réel est à portée de main, pour peu qu’on se donne la peine de le penser. Si tu te sens un peu paumé, crée, imagine, en pensée déjà. Peu à peu le réel prend forme, à force d’imagination tu le dessines et l’adaptes. L’idée est aussi réelle que la chose.

Je me rappelle André Breton: « L’imaginaire est ce qui tend vers le réel. »

Avec L., rencontré au détour d’un dîner fulgurant, on s’est attelées six jours durant à créer du réel comestible. La réalité étant que certaines filles préfèrent vraiment le boeuf cru à la vanille.

Tartare de boeuf pour Lucile G.
(4 portions)

-320g de poire de boeuf
-2 échalotes
-2 jus de citron jaune
-une dizaine de radis rouges
-1/2 botte de persil
-huile d’olive
-fleur de sel
-poivre

-150g de crème fleurette
-50g de lait entier
-50g de parmesan frais râpé

-quelques feuilles d’ail des ours

Faire bouillir la crème et le lait, ajouter le parmesan. Laisser fondre à feu doux et rectifier l’assaisonnement en sel et poivre si nécessaire.
Couper le boeuf en petits dés ainsi que les radis. Ciseler finement le persil et les échalotes. Mélanger ces éléments et assaisonner avec le jus des citrons, de l’huile d’olive, du sel et du poivre.
Au dernier moment, poêler quelques feuilles d’ail des ours à feu vif dans un filet d’huile d’olive.
Servir le tartare avec un peu de crème de parmesan et une feuille d’ail des ours.

 

 

Des hamburgers bien nommés

Ah la joie des rencontres imprévues, des coincidences et recoupements. Tu sais, tu fais des courses, t’aides une nana à attraper un truc, tu lui parles 2 secondes et te rend compte que c’est la meilleure amie du frère de ta pote Germaine. Et là tout le monde se dit « c’est dingue comme le monde est petit hein? » et ça te fait ta journée. C’est bien qu’on puisse encore s’extasier.

Il y a de ça bien 6 mois, je marchais peinard dans les allées du marché des enfants rouges, un mardi matin désert et glacial. Et puis derrière ce comptoir du fond à gauche, j’ai vu un type. Du genre brun avec un bonnet, l’air concentré et de la farine sur les mains.

Il fait du pain. Du pain pour hamburger précisément.
Hamburgers qu’il garnit et vend au déjeuner.
Et il s’appelle Jean-Charles, on se connait, et je ne l’ai pas reconnu.

Ce petit moment de honte passée et les joies des retrouvailles célébrées, il m’explique son truc.

J’étais donc partie ce matin là chercher de quoi satisfaire la curiosité de mes élèves en terme de produits du terroir, et me voilà à retrouver par hasard J-C le bien nommé, qui me raconte qu’il se lance dans l’aventure du burger à 10 balles.

J’aime bien qu’il s’appelle Jean-Charles, Jean-Charles. Je me dis que quand on s’appelle J-C ou J-F ou J-P, on a forcément un truc en plus, du fait qu’on a sûrement souvent dû expliquer ou se défendre de ce choix des parents. Je me dis que ça doit forcer le sens de l’humour et de l’auto-dérision. Bref tu vois je me dis plein de trucs alors que je m’appelle Elsa quoi.
Et tu sais pas, le mec à ses côté, en train de dorer les buns, il s’appelle Paul-Emile.

Enfin, il s’appellerait J-C et ferait des hamburgers dégueu, j’aurais trouvé un autre argumentaire. Et puis aussi dans la bande y’a Alban. Donc tu peux réfuter ma théorie tranquille. Bref.

Bref et donc: les hamburgers.

Ils sont 3 jolis mômes, derrière leur comptoir sur ce marché. Bonnet, pull et doudoune sans manche, d’attaque pour la mise en place. Le pain, bien sûr, recette rodée. Laisser pousser la pâte, l’étaler, la détailler en buns. Dorer, cuire, ouvrir.
Former les steaks, paner le poulet si on décide de faire un spécial aujourd’hui. Les boîtes de garniture s’alignent sur le plan de travail, à porter de main pour un service rapide et efficace. Les fromages d’abord: bleu, cheddar, comté, chèvre. Les salades: mâche, roquette, sucrine. Les condiments: cornichons, bacon grillé, fondue d’oignons…Les sauce bien sûr: ketchup, mayo, un petit mix maison, et puis parfois une spéciale pour accompagner le burger du jour. Ce matin c’est tartare, pleine de cornichons et de câpres.
Les frites, enfin. La technique a été pensée, testée, repensée et retestée. Blanchir, combien de fois, quelle température…bref, leurs frites, ce sont les meilleures que j’ai goutées depuis un bon moment. Elles n’ont pas l’air trop cuites, tu te dis qu’elles risquent d’être un peu molasses. Tu parles (Jean) Charles  ! (…). Croustillantes, hyyyyper croustillantes. Très très bonnes quoi. J’en ai mangé presque deux assiettes, tu sais ce jour où il fallait que j’éponge 2 litres de gin tonic.

Je vais pas te faire l’apologie de leurs burgers, parce que j’imagine que t’en as un peu ras les yeux de lire et relire des avis sur ce gros sandwich américan délicieusement fat et sheewy. Mais je te conseille très vivement d’aller les goûter.

Tu veux que je te dise pourquoi je kiffe ces garçons? Ils sont là, souriants, détendus, appliqués. On ne parle pas d’eux dans le Fooding, ni dans l’Express style, ni chez Bruno Verjus. Ils font leur truc, ils le font bien, et surtout l’air de rien.
J’ai du attendre trois mois pour qu’ils me donnent le feu vert pour parler d’eux. Ils voulaient se rôder, se perfectionner, pas faire de pub pour la pub.

Ce que j’aime aussi chez ces garçons, c’est le potentiel d’évolution qu’ils te laissent imaginer. Rien n’est arrêté, ils ont un t’as d’idées et le goût du risque. Il y a certains endroits où on finit par s’ennuyer ferme: tu vois, un mec a eu une idée géniale, il a développé un concept, et ça a cartonné. Alors depuis il n’a plus rien changé, par peur de rater. Tout s’est figé, roue impeccablement huilée. J’aime à croire que ces gars-là préfèrent tenter et rater, j’aime leurs imperfections parce qu’elles sont le reflet de leur passion.

Pour les trouver:

Marché des enfants rouges
39 rue de Bretagne
75003 Paris

cookie salvateur post Ed Banger

C’est vers 3H12, en franchissant la porte d’entrée, que tu te remémores l’existence de ton estomac. Parce qu’à faire la maline sur les chevaux de bois d’Ed Bangerland, t’en avais oublié la notion de faim. Faut dire que la bière que les mecs du Mansard consentent à te filer gratos en continu à tendance à tromper les apparences. Mate comme tu as la peau du ventre bien tendue.

Et quand tu quittes le monde merveilleux des forains mondains, senteurs de barbe à papa et de beuh haute qualité collées aux cheveux, tu as au final une envie de pisser incommensurable doublée d’une faim de malade. Tu te souviens pourtant avoir créé une petite révolution aux WC en prenant la tête d’un girls bands endormi, qui vous aura permis de décréter la porte de gauche réservée à tout ce qui porte seins et petite vessie. Mais la bière est fourbe, et l’incontinence lourde.

Tu te souviens aussi vaguement avoir gouté un bahn mi au petit stand d’à côté, mais ton collègue-celui qui a voulu discrètement t’endormir sur les tickets boissons même plus valables- a la bouche large et le sens des priorités. Tu lui pardonnes d’autant plus qu’il porte une barbe rousse et maîtrise la juste cuisson du panini.

Ah, petit flash. A un moment, un enfant beaucoup trop grand pour son âge te propose ses churros suintant tout en te confiant qu’il trouve le public hyper jeune. Tu voudrais lui répondre qu’il devrait être en train de regarder Drucker avec sa mère, et te demandes s’il a des poils sous les bras. Tu voudrais bien lui chourrer ses Nikes aussi, mais il chausse du 46.

Il est temps à cet instant de regagner tes penates, la bringue à la bière jusqu’à 7 du mat c’est fini ce temps-là.

Et tu ne le sais pas encore, mais le moment que tu vas préférer dans la soirée, c’est quand tu vas découvrir dans la cuisine qu’il reste 4 énormes cookies.

Recette (pour une trentaine de cookies. Le reste, tu peux l’envoyer au 127 avenue Ledru Rollin, 75011 Paris)

220 g de farine
1 càc de levure chimique
150 g de sucre roux
40g de sucre de canne blond
120 g de beurre demi-sel
1 œuf
90g de chocolat noir
60g d’amandes non mondées grillées

Préchauffer le four à 170°. Faire ramollir légèrement le beurre (micro-ondes ou température ambiante, selon la météo). Fouetter le beurre avec les sucres, à la fourchette. Ajouter l’oeuf. Dans un autre récipient, mélanger la farine, la levure, le chocolat et les amandes hachés. Ajouter ce mélange au premier, mélanger rapidement jusqu’à ce que la pâte soit homogène. Mettre au frais 30 minutes. Déposer des boules sur une plaque de cuisson, bien espacées. Enfourner entre 8 et 15 minutes, selon la taille des cookies. Pour que les cookies restent bien moelleux, il faut les sortir quand le coeur est encore presque cru.
Tu n’es pas obligé d’attendre qu’ils refroidissent pour les manger, mais planques-en quelques uns tout de suite, tu sais pourquoi.

Merci Eddie pour le combo manège enchanté/musique acharnée.
Merci Pressing pour le panini/sourire/bonnet ttc.
Merci bibi pour le cookie/la survie.

 

 

 

 

 

 

 

 

Recette contrastuelle // cheesecake passion

Le contraste est l’opposition marquée entre deux choses, l’une faisant ressortir l’autre.

Le jour fait face à la nuit, le noir met en évidence le blanc, le réalisme affronte l’idéalisme.  Plus que des contraires, des notions n’ayant rien à voir l’une avec l’autre, les deux éléments contrastants semblent au contraire liées profondément l’un à l’autre. Cet opposé radical leur donne puissance et relief. Le blanc est-il si blanc sans ce noir profond qui le rend lumineux?

Le jour n’est jamais plus beau qu’après une nuit intensément noire et orageuse; la clarté se ressent d’autant plus qu’elle naît d’une opacité étouffante.

Je me remémore Aristote, et découvre Antoine Blanc de Saint Bonnet.

L’amour entre celui qui aime et le bien aimé naît du contraste. Il s’agit au départ de deux être de même nature, aux propriété divergentes. Les propriétés de l’un manquent-elles à l’autre? Si les propriété de l’un manquent à l’autre, la somme de ces propriétés se trouve donc partagées entre deux êtres de même nature, mais séparés? Ces deux être ont donc mutuellement besoin l’un de l’autre, et un charme irrésistible les porte à s’unir l’un à l’autre pour se compléter. Toute chose différente est donc une chose incomplète, une chose qui n’a qu’un élément de l’existence, et qui cherche à se réunir à la chose qui contraste avec elle afin de rentrer dans leur harmonie. La satisfaction qu’éprouvent ces deux choses arrivées dans cet état ne prouve t-elle pas qu’elles sont arrivées à leur but?
L’amour repose sur la variété d’attributs dans l’unité d’essence.

Similitude dans l’essence, différence dans les propriétés. Voilà le trait d’union qui permet de comprendre que l’amour, l’attrait, ne repose pas tantôt sur la similitude de deux êtres, tantôt sur leurs différences, mais sur le contraste nécessaire à la complétude et l’unification.
S’il n’y avait pas identité d’essence, les sujets ne se chercheraient pas. S’il n’y avait pas variété d’attributs, les sujets qui ne se cherchent que parce qu’ils trouvent l’un dans l’autre les attributs qui leur manquent en particulier, ne s’aimeraient pas.

Un dessert réussi n’en est un que lorsque par contrastes il devient harmonieux et évident. La nature commune des éléments suivants est leur place dans nos vie,  le réconfort qu’ils nous apportent. Leurs différences les attire l’un vers l’autre pour trouver l’équilibre.

Cheesecake praliné et fruits de la passion

base :
-200g de pâte de praliné
-20g de chocolat noir
-100g de feuillatine

Faire fondre le chocolat au bain-marie. Ajouter la pâte de praliné et la feuillantine. Etaler au fond d’un moule à fond amovible et faire durci au froid.

crème aux fromages :
-400g de fromage frais
-400g de fromage blanc
-1 jus de citron
-4 oeufs
-50g de farine
-90g de sucre

Fouetter les oeufs avec le sucre. Ajouter les fromages, le jus de citron. Verser sur la base praliné,  et enfourner à 140/150° pendant 1 heure. Laisser refroidir dans le four éteint, puis mettre au réfrigérateur pour la nuit.

coulis:
-10 fruits de la passion
-1 mangue
-1 jus de citron vert

Mixer la mangue avec la pulpe des fruits de la passion filtrée. Ajouter le jus de citron vert.

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...