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Ca peut paraitre absurde. Risotto aux encornet et encre de seiche.

L’idée, c’est que ça serait comme se faciliter la vie que de la compliquer.
J’t'explique. Si les choses sont simples, accessibles et te demandent peu de concentration, elles te laissent l’esprit libre. Et ça, c’est  dur à gérer. Libre ou vide, disons qu’il a de l’espace pour t’embrouiller à mort avec des digressions vaseuses sur le sens de la vie. Alors que si tu prends un taf bien contraignant, avec une plage horaire étendue et des tâches ardues et précises, te voilà prisonnier de l’action, dispensé de penser. On se sent mieux hein? Tu as tellement peur que tes songes soient vains, idiots ou inutiles que tu cherches n’importe quel moyen pour t’occuper. Je sais pas moi, par exemple, faire un risotto aux encornets.

Achète les frais, encore pleins d’algues et de sable. Ne te facilite pas le travail, tu as besoin qu’il réclame toute ton attention, le plus longtemps possible.
Rince les patiemment à l’eau froide, puis arrache-leur la tête. Vide leur corps, rince-les à nouveaux. Pince leur tête juste au dessus des yeux, pour faire sortir le bec, délicatement, tire dessus et jette-le. Coupez les tentacules juste au dessus des yeux. Ouvre le corps en incisant sur l’espèce de couture qui la parcoure. Quadrille la chair côté intérieur et rince une dernière fois les corps et tentacules, sèche-les minutieusement. Couvre-les d’huile d’olive, ajoute une gousse d’ail écrasée, laisse mariner au frigo le temps de préparer le reste.

Bien, passons au risotto.
Cisèle une échalote. Affute ta lame, puis strie l’échalote le plus finement possible, émince-la pour obtenir de minuscules dés. Allez applique-toi, ça te fait un bien fou. Prépare un bouillon de légumes la veille (1 carotte, 1 oignon, 1 branche de céleri, 1 blanc de poireau, thym, laurier, gros sel, à mijoter pendant 1 heure, puis filtrés) ou carrément un fumet de poisson (même chose, avec des arrêtes de poisson bien rincées, revenus au beurre avant, sans coloration, et mouillées avec 1/4 de vin blanc pour 3/4 d’eau). Si tu trouves que là je pousse trop le vice pour toi, achète un bouillon cube.

Fais suer l’échalote dans un peu d’huile d’olive, sale. Ne la laisse pas dorer, ajoute le riz arborio. Quand le riz devient translucide, ajoute une rasade de vin blanc. Quand il s’est évaporé, ajoute progressivement le bouillon ou le fumet, à la louche. Dès que le riz à absorbé le liquide, tu en ajoutes un peu. Ne te fie pas au temps de cuisson ni à la quantité de bouillon. Goûte le riz après une dizaine de minutes de cuisson (le liquide doit toujours être à petite ébullition), et stoppe la cuisson s’il est al’dente. Etale le riz dans une plaque pour qu’il arrête de cuire.

Au moment de servir, il va falloir finir la cuisson du riz. Tu réchauffes un fond de bouillon avec 2 petits sachets d’encre de seiche dans une casserole ou sauteuse. Tu y ajoutes le riz et mélanges délicatement, jusqu’à ce qu’il absorbe ces derniers liquides et soit juste cuit. Ajoute enfin le parmesan râpé, rectifies l’assaisonnement, et n’attend pas pour servir.
Il te faudra être assez malin et/ou organisé si tu es seul en cuisine. Car dans l’idéal, il faudrait saisir les encornets au moment où tu finis le risotto.Sache que c’est carrément jouable, faut juste maîtriser l’usage de tes deux bras de manière désynchronisée.
Fais chauffer à feu très vif une grande poêle, au mieux, tu as une plancha. Saisis les encornets avec leur huile de marinade, laisse-les accrocher à l’unilatéral, donne juste un petit saut à l’ensemble de la poêle au bout de 3 minutes. Pas plus de cuisson, surtout pas ! Et sale au dernier moment, sinon ils rendront de l’eau dès le début et tu n’obtiendras pas ces sucs de cuisson qui font le goût en accrochant à la poêle. Au besoin, préchauffe ton four à 140°, tu pourras comme ça les garder au chaud le temps de dresser le risotto.
Voilà voilà.

Les ingrédients, pour 3 assiettes:

3 encornets frais d’environ 100g/personne
5cl d’huile d’olive
1 gousse d’ail
1 échalote 10cl de vin blanc
100g de riz arborio
40cl de bouillon de légumes ou fumet de poisson
25g de parmesan frais râpé sel fin
2 petits sachets d’encre de seiche (chez le poissonnier)

Ah, hier je me suis rappelée un autre moyen de calmer tes angoisses et ta peur du vide. Tu vas danser à la Tropical Discoteq, tu oublies de compter les mojitos, tu te couches encore habillé.
La tropical c’est une soirée sauce Nova, avec souvent Emile Omar aux platines, parfois RKK et Franck.H aussi, des mecs sympas qui mettent de la chaleur dans ta nuit, à base de disco funk ensoleillée ou d’afrobeats acharnés. Si jusque là tu ne connaissais le parc des buttes Chaumont que pour Frédéric François chanté en coeur au Rosa Bonheur, je te conseille d’aller y faire un tour hein.
Après ça, m’est avis que t’auras tellement des courbatures (à la tête comme aux jambes) que t’auras même pas la force de te stresser la vie.

Procastination assumée, et pire encore. Mais crevettes, réduction, chou-fleur et granny.

je suis feignante. enfin fainéante pour être correcte. Et j’ai une tendance très fâcheuse à la procrastination. Du coup, si par miracle tu me vois en train de trier des papiers, y’a beaucoup de chance que je sois encore en pyjama, parce que faut pas pousser, c’est l’un ou l’autre, hein. Mais bon, ce jour-là, où tu me verras trier mes papiers, est quand même pas trop près d’arriver, parce que comme j’ai pas encore soufflé mes bougies, j’estime que c’est dans mon droit des enfants le plus strict, de refourguer la pile indécente à ma mère. Nan mais ça va je suis quand même inscrite à la sécu, je crois même que j’ai payé mes impôts, et que j’ai une mutuelle tiens. Bon je sais plus comment elle s’appelle, et j’ai perdu mes codes clients de la banque (mais ça, ça doit être un acte manqué pour pas voir que faire les soldes chez the Kooples ou des Petits Hauts c’était pas forcément forcé- mais il fait -2 degrés là mec ça caille alors toi dans ton bureau de banquier t’as chaud aux miches, mais moi j’avais BESOIN d’un duffle-coat- et puis -50% quoi- voilà ).
Parfois j’ai un élan de folie, une motivation étrange et inexpliquée, qui me pousse à prendre la tour infernale (alors tu vois la scène, une main au genou, l’autre au dessus du front, entre les deux, des enveloppes, des ouvertes, des fermées, des vides, des pvs, probablement impayés aussi, des feuilles de soins overdatées de 2006) et à la dispatcher en petits tas bien ordonnés. Je fais ça sur mon lit comme ça jsuis sure de pas m’affaler en soufflant « pffff nan mais d’façons j’y arriverai jamais! ». Parce que là si je m’allonge sur les ptits tas jte raconte pas le bordel. Enfin ils seront juste un peu plus froissés que d’hab quoi.
Donc, je suis très fière de moi, j’ai devant les yeux une douzaine de mini-piles de jolis petits papiers. Dont certains attendent le renvoi avec échéance à mois-6, dont d’autres n’ont même pas eu le bonheur suprême d’être parcourus par mon regard intense, dont les derniers explicitent ma suspension de ligne incompréhensible.
C’est pas que je ne veux pas le faire à temps. C’est pas non plus que je doive faire un crédit sur 10 ans pour régler ma facture de portable. Non, non. J’ai juste la flemme. Du genre « ah oui tiens le loyer est arrivé aujourd’hui » « ah oui tiens le loyer est arrivé hier » « ah oui tiens le loyer est arrivé y’a 5 jours » « ah oui tiens j’ai plus qu’un jour pour payer le loyer » (je précise qu’en plus le chéquier est bien rangé -si si c’est possible- et que j’ai des enveloppe pré-timbrées) « ah oui tiens et si je faisais un gâteau avec du gingembre dedans? ».
Là, vue l’ampleur des dégâts, je vous vois venir « bah ma fille, pourquoi tu choisis pas le prélèvement automatique?? » Bon déjà ça marche pas pour tout. Enfin je peux leur demander à pôle emploi s’ils peuvent prélever eux-mêmes les pièces manquantes à mon dossier parce que vraiment j’ai pas du tout envie de retourner ma chambre pour savoir où j’ai bien pu poser ma carte vitale (mais je suis presque sure qu’elle est dans le frigo ou avec les vernis à ongles). Ensuite, pour les « où ça marche le prélèvement et c’est trop de la balle parce que tu te soucies plus de rien ma biche! », je veux bien vous croire. Sauf que…il faut faire des trucs qui me semblent comme des montagnes infranchissables et enneigées et il y aurait de l’orage aussi. « télécharger le formulaire de demande prélèvement, joindre un RIB, renvoyer à l’adresse de votre centre télécom ». Aie, ouille, ouch.
Oui, c’est ridicule. Oui j’assume, la flemme, la fainéantise même, et la procrastination, et le bordélisme (et les néologismes tendancieux.)
J’ai oublié la fin de l’histoire des petits tas. Bah ils sont là, très beaux, très propres. Alors je choisis des pochettes très belles aussi, avec de la couleur et tout, j’écris dessus en jolies lettres capitales « SECU » ou « BANQUE » ou souvent « VRAC A CLASSER ». J’en ai plusieurs comme celui-là, en fait. Et je range mes ptits tas. Sans forcément ouvrir les enveloppes. Ou découper le RIB dont j’avais besoin pour je ne sais plus quoi. Mais au moins c’est rangé. Enfin c’est planqué, et j’ai le coeur léger, légeeeer!

Mais le facteur ne me laisse jamais de répit. Du coup, le courrier et moi, c’est un peu « j’y pense et puis j’oublie, c’est la vie c’est la vie ». La par exemple, je devrais être emmitouflée dans mon sublime duffle-coat, trottinant jusqu’à ma banque pour y déposer un chèque daté du 22/06/2010 (pas un chèque de la française des jeux de 2 m2 hein, sinon, crois moi que des ailes et de la volonté m’auraient poussée!). Sauf que là, tu le vois bien, j’écris des conneries sur canalblog. Et je suis en pyjama. Mais sinon je veux bien mettre ça sur le compte de l’ordre des priorités.

Et comme je n’ai pas que des défauts hein, j’suis une fille sympa, généreuse et tout le toutim, jte file une recette en plus. Parce que les conneries, ça va bien deux minutes. Mais si t’as une solution miracle pour me faire devenir une jeune femme organisée et responsable (ou pour me trouver un homme beau, libre, et beau, et libre, et très organisé, et qui a développé une passion pour le rangement de papiers que c’est même pas les siens, et aussi qui comprend pourquoi le fil rouge et le fil bleu même branchés ne me donnent qu’une connexion minable), je suis preneuse. Je mettrai en pratique des conseils au plus vite. Enfin dès demain. Enfin, quand j’aurais le temps quoi.

Désolée, je n’ai toujours pas développé les talents photographiques de C. Et pourtant elle a bien tenté de m’éduquer.
Ceci dit, c’est très bon tout de même. Si ça vous rappelle quelque chose, comme un risotto aux langoustines et crème de chou-fleur, c’est plutôt normal. C’est une association qui « marche », alors je persiste, décline, perfectionne. To be Continued.

Petite entrée avec des crevettes, leur jus réduit, du chou-fleur et de la pomme granny

pour 2 personnes

-300g de crevettes cuites non décortiquées
-ras el hanout et curry
-1 chou-fleur (évidemment on n’utilisera pas tout, mais si comme moi tu kiffes grignoter les sommités crues, il passera vite)
-1/2 oignon, 1/2 carottes
-1càc de miel
-QS de vinaigre balsamique
-eau, beurre, crème fraîche épaisse
-1/2 pomme granny
-persil plat (initialement coriandre, mais pénurie ce jour)

On s’occupe d’abord des crevettes. Décortiquer les bestioles, garder têtes et carapaces. Rincer tout ça. Mélanger les corps nus (hum) avec 1càc d’huile d’olive, et quelques pincées d’épices. Réserver au frais. Faire chauffer de l’huile dans une petite casserole, y faire suer les têtes et carapaces, en les martyrisant un peu (à l’aide d’un rouleau à pâtisserie par exemple). Quand ça commence à bien colorer là-dedans, ajouter 1/2 oignon ciselé fin, et la carotte émincée finement. Faire suer, again. Ajouter le miel, caraméliser l’ensemble (toujours à feu vif). Ajouter 1 càc de balsamique, puis 1 noix de beurre pour décoller les sucs. Mouiller à hauteur avec de l’eau. Baisser le feu mais conserver une petite ébullition. Laisser mijoter une petite demi-heure, passer le jus au chinois étamine. Remettre sur le feu, réduire jusqu’à consistance sirupeuse, vérifier l’assaisonnement. A ce stade j’ai re-vinaigré un peu, et très légèrement monter au beurre (acidité+gras=love).

Cuire les sommités de chou-fleur à l’anglaise, les égoutter puis les mixer. Crémer jusqu’à consistance souhaitée (id est, une purée onctueuse mais pas liquide), assaisonner.

Au moment de servir, découper quelques tranches très fines de pommes granny avec la peau (si vous avez une mandoline vous êtes le roi du pétrole. Note pour plus tard: ajouter à la liste de cadeaux intemporelle que j’oublie toujours de faire connaître). Saisir les crevettes à feu très vif à l’huile d’olive.
Dresser: virgules de crème de chou-fleur, jus réduit, crevettes, un peu de chou-fleur cru râpé, lamelles de pommes, feuilles de persil (ou coriandre), on se lâche, on fait joli, on se la donne quoi.

Enjoy!

moi je file j’ai des trucs importants à faire. Genre la vaisselle, une machine, retrouver cette ******de carte vitale, mais bon avant quand même je vais me relire je crois (ou pas) et puis bavarder un peu, alors bon chaque chose en son temps, hein.

un mal(e) pour un bien. Risotto lié à la crème de chou-fleur, langoustines, jus corsé et citron vert

En grandissant, on apprend à appréhender la vie de manière bien différente. Disons que les évènements nous marquent, nous interpellent, puis nous façonnent, parfois de manière impersceptible. On se réveille un matin, on se regarde dans le miroir, et on se dit que l’on a changé. On repense à ses derniers mois, ces dernières années même, on repense aux coups durs qui se sont un peu enchaînés, et alors on ne peut plus nier qu’ils nous ont aidé, qu’ils nous ont poussé, qu’ils nous ont porté. Il faut parfois souffrir vraiment pour savoir mieux apprécier ce que l’on a: le temps et la vie. C’est peu mais c’est Tout! 
A peu près dans le même registre, il est plutôt bénéfique de toujours chercher le bon côté des choses, même dans le pire des cas. Alors oui on a rencontré le plus gros enculé de la terre (« rhooooo », bah oui mais y’a pas plus exact), alors oui on s’est fait berné pendant trop longtemps, alors oui on a trop pleuré, en effet on avait franchement pas bonne mine, en effet « on t’avait prévenue », certes ça t’a foutu grave les boules. Mais…mais (puisqu’il s’agit ici de tenter de retourner la situation à son avantage)1) t’as pas mal appris sur l’homme, a priori tu te feras pas avoir deux fois 2) t’as grandi d’un coup, les yeux ouverts et la rage au ventre, ça rend plus fort 3) dans ton armoire, t’as cette combi Sessun que t’aurais jamais osé acheter (oui oui je sais… mais ça fait parti du processus d’optimisation! ) 4) t’as gouté la cuisine de Collagreco et de Kobe Desramault 5) il doit se sentir vraiment minable, j’aimerai pas être sa conscience 6) tu sais faire un jus de langoustine qui déchire
Comme aujourd’hui t’en as vraiment plus rien à foutre, tu peux même te permettre de ressortir la recette, les photos, sans que ça t’émeuve. Tu vois, c’était pas si dur.
Un mal pour un bien, that’s it.

Recette très très évasive pour résultat très très positif (pour 2 personnes)

Crème de chou-fleur:

-1/2 chou-fleur
-crème liquide
-sel,poivre blanc
-un mixer efficace

Cuire les somités de chou-fleur à l’eau bouillante salée, les égoutter, les mixer en rallongeant à la crème. Assaisonner.

Risotto

-1echalote
-125g de riz rond
-5cl de vin blanc
-75cl de bouillon de légumes
-crème de chou-fleur sus-mitonnée

Faire suer l’échalotte finement ciselée, à l’huile d’olive. Ajouter le riz, mélanger jusqu’à ce qu’il soit nacré (les grains deviennent translucides), déglacer au vin blanc. Baisser le feu puis mouiller régulièrement avec le bouillon, louche par louche, jusqu’à ce que le riz absorbe assez de liquide pour atteindre la cuisson voulue. Lier le tout avec la crème de chou-fleur bien assaisonnée. Garder une partie de cette crème pour le dressage.

Langoustines

-une 20aine de pièces crues

Les décortiquer à cru, sauf 4 ou 6 auxquelles on laissera la tête (purement décoratif). Conserver les têtes et carcasses pour le jus!). Quand la crème de chou-fleur ainsi que le risotto sont cuit et maintenus à température de service, poêler rapidement à feu très vif les langoustines. Les mêler au risotto.

Jus de langoustines

-1 échalote
-1 carotte en rondelles
-vinaigre balsamique
-concentré de tomates
-1 petit bouquet garni (laurier,thym,tiges de persil)
-beurre
-les têtes et carcasses des langoustines décortiquées à cru

Dans une casserole, saisir les carcasses à l’huile d’olive, les concasser à l’aide d’un rouleau à patisserie. Ajouter l’échalote et la carotte (peut-etre préalablement sués? excusez ma mémoire défaillante, il est temps que je recommence la popotte salée!). Déglacer au vinaigre balsamique, faire légèrement caraméliser. Ajouter le concentré de tomate (1 cuiller à soupe me semble convenable), puis mouiller à l’eau à hauteur. Porter à ébullition, laisser cuire à feu moyen 30 minutes à 1heure en écumant régulièrement. Passer le jus au chinois étamine (fin), bien presser, remettre le jus sur le feu, faire réduire puis monter au beurre (ou pas. suivez votre intuition, goutez, gouteeeez!:) ) Le jus doit être sirupeux et corsé (enfin à mon goût,évidemment).

Les petites poudres magiques


-corail de langoustine
-chou-fleur cru
-citron vert

Récupérer le corail (les oeufs) des langoustines, le mettre sur une assiette puis filmer, passer 1 minutes environ au micro-ondes. Quand le corail est bien sec, l’égrener ou le mixer finement> poudre rouge. (merci Remi VanP pour cette astuce)
Râper une sommité de chou-fleur cru> poudre blanche.
Zester un citron vert>Jpoudre verte.

Dressage:

Ici dressé dans 2 jolies assiettes creuses noir mat de chez Habitat. Disposer le risotto aux langoustines, parsemer de zestes de citron, corail et chou-fleur cru, ajouter quelques cuilleres ou quenelles de crème de chou-fleur. Arroser avec le jus corsé, disposer les langoustines non-étêtées (mais poêlées évidemment!).

Alors, ca valait bien le coup de morfler un peu, non? ce qui ne tue pas rend plus fort, il parait, et je suis pas loin d’être d’accord. C’est qui la pro du jus de crustacé maintenant hein?

Saumon minute ‘vapeur’ à l’orange, navets primeurs glacés, asperges croquantes, crème vin blanc/orange. Selfish pleasure.

Si je vous dis cuisine, vous dites? prête à jurer-cracher qu’après les termes d’usage « gourmandise » « saveurs » et autres « délice » viendront sans peine les non moins conventionnels « partage », « convivialité » ou encore « générosité ». Ce qui est loin d’être une aberration, certes. Ce réseau lexical est parfaitement acceptable, technico-littérairement parlé.

 

 

 

Mais bon. Y’a des fois où… on voudrait bien penser un peu qu’à soi. Oui, oui rien qu’à son ptit soi à soi. Du genre ce dimanche non travaillé (pas que les autres le soient, mais avec tous ces fériés qui sautent, j’oublierais presque l’existence de jours chômés). Je suis là, peinarde sous la couette. Enfin peinarde, c’est un bien grand mot. Il doit y avoir tout Paris dans ma rue pour faire un vacarme pareil. Je leur balancerais bien un seau d’eau mais manque de pot (oui j’aime les contenants) celui-là était pour le chat. Enfin le monstre quoi. Reprenons. C’est dimanche, le chat a fait trempette, je bénis quand même le double vitrage,il fait un soleil de ouf (zêtes libres de ne pas me croire) et ça, ça mes aïeux, on en aura surement débattu mille fois tellement on se le répète chaque jour où le soleil se pointe, mais ça te change une vie !!! oui bon ok, ça te change une journée, c’est déjà ça, comme dirait Alain.

 

 

 

Bref. Pas de réunions amicales ou amoureuses prévues ce jour, juste Paris, le chat et moi. De là, je crois bien que jme suis dit que je méritais vraiment un ptit plaisir en solo (teuteu, pas de ça ici-bas voyons). Ni une ni deux, plutôt 43, marches plus bas, cabas sous le bras, me voilà toute guillerette prévoyant mes achats! J’ai pas hésité longtemps sur le choix de la came à vrai dire, parce que déjà, avec le saumon, on est copains comme cochon, et puis bon, les légumes, c’est juste…les légumes quoi, un peu comme le chocolat, indispensable en somme. Pensez bien qu’avec ces primeurs aguicheurs sous les yeux, j’allais facilement succomber. Comme devant un pot de Nutella ouvert, voyez.

D’où le mic-mac culinaire suivant: des légumes glacés, un saumon léger léger et acidulé, des asperges qui croquent, et une sauce hummmm LA sauce.

1) faire mariner le pavé de saumon dans un mélange d’huile d’olive, jus d’orange,zestes d’orange et ciboulette. Saler, poivrer bien entendu.
2) bien laver les navets, les mettre dans une sauteuse avec un fond d’eau, quelques parcelles de beurre et un carré de sucre. Saler, poivrer bien entendu. Porter à ebullition, couvrir d’un cercle de papier sulfurisé percé, baisser le feu et laisser cuire une 15aine de minutes. Quand les navets sont cuits, ôter le papier et faire réduire le « sirop » afin d’enrober les légumes.
3) Porter à ébullition 15 cl d’eau, ajouter une c à s de fumet de poisson déshydraté, 5cl de vin blanc, un peu de jus d’orange et de zestes, assaisonner, réduire, crémer, réduire jusqu’à consistance souhaitée.
4) Plonger les asperges 7 à 8 minutes dans l’eau bouillante salée, rafraîchir pour garder la couleur, remettre en température (chauffante, micro-ondes)
5) Cuire le saumon dans sa marinade au micro-ondes (puissance max), 3 à 4 minutes selon l’épaisseur du pavé.
6) Déguster tout ça les yeux fermés, ou pas. Aaaah qu’on est bien là, mon saumon, le chat et moi.

 

 

remède anti-soldes, anti-parisiens, anti-social…oups je m’égare. Risotto aux petits légumes et brochettes de CSJ juste saisies

1, 2, 3, on se détend et on respire. On recommence. On re-recommence. Parce que si je zappe cette étape d’auto-relaxation, y’a gros risque de sombrer dans le post injurieux, et on va me prendre pour une fille grossière. Ce que je ne suis pas. Outre circonstances atténuantes et/ou exceptionnelles bien sûr. Par exemple? les soldes. Ou Paris. Ou les deux. Oui je sais personne ne m’a forcé. Ni pour l’un ni pour l’autre d’ailleurs. Mais c’est bien plus marrant de râler sur ce dont on est responsable n’est-ce pas.

Donc, je râle, en sueur et la mine déconfite, mais le porte-monnaie ma foi plutôt ragaillardi par cette virée fatalement infructueuse. Remarquez j’ai pas tout perdu: j’ai l’impression d’avoir fait des économies. D’où la joie, injustifiée si l’on raisonne convenablement deux minutes, de mon porte-flouze. Bin ouais, j’me voyais déjà (en haut de l’affiche oui oui ça va on la connait…) les bras chargé de moultes trouvailles modeuses à souhait (genre la blouse improbable qui est « so hype » sur le mannequin, mais sur le mannequin only), et le porte-pépètes-il a encore beaucoup de surnoms, c’est un ami fidèle comprenez- fortement dégraissé. Mais pour la bonne cause. Cette blouse était fichtrement nécessaire à l’harmonie de ma garde-robes. Du coup, j’ouvre le porte-férailles, et je constate, ô joie, ô bonheur, qu’il est toujours aussi garni que 2 heures plus tôt. Certes mon pécule n’a rien de transcendant, mais il a le mérite d’avoir résisté aux assauts soldesques.

Pour résumer: j’aime pas la ville, sa foule odorante, ses soldes, mais il se trouve que j’arrive à prendre les choses du bon côté, ou plutôt à inventer un bon côté aux choses. Ce qui permet, outre de s’auto-satisfaire après s’être auto-détendu: 1) de respirer calmement 2) de ravaler son vocabulaire ordurier, pourtant si richement fourni-3) de se sentir économe dans l’âme. Et donc d’aller acheter des Saint-Jacques… Comment ça j’ai tout foutu en l’air l’espace-temps d’une allée Picard?

***

 

Recette pour 4: 200g de riz rond semi-complet-1 oignon- QS de vin blanc-1L de bouillon de légumes-1 feuille de laurier séché-QS de parmesan frais-12 asperges vertes congelées-2 carottes-1 petite branche de céleri-1 grosse poignée de petits pois congelés- 40 petites noix de saint-jacques décongelées, ou 20 de taille plus généreuse

 

Commencer par préparer les légumes: couper les carottes et le céleri en bâtonnets égaux, les cuire 10 minutes à l’eau bouillante salée. Rincer à l’eau froide et réserver. Procéder de même pour les petits pois (6 minutes de cuisson)et les asperges (6 minutes également). Couper les asperges en tronçons et réserver les têtes intactes.

 

30 minutes avant de passer à table, s’occuper du risotto: Faire suer l’oignon émincé dans un peu d’huile d’olive, ajouter le riz. Quand il devient translucide, déglacer au vin blanc jusqu’à évaporation complète. Baisser à feu moyen/doux, et verser un peu de bouillon. Ajouter le bouillon louche par louche au fur et à mesure de son absorbtion. Le riz est cuit au bout d’un vingtaine de minutes. Ajouter les légumes, réchauffer à feu doux quelques minutes. Incorporer enfin le parmesan en fines lamelles.
Réserver au chaud.

 

Cuire les saint-jacques: piquer les noix sur les brochettes (2X5 noix par personne). Chauffer un peu de beurre demi-sel à feu vif dans une poêle. Saisir les saint-jacques 1 à 2 minutes sur chaque face, selon le degré de cuisson désiré. (pour moi, c’est presque cru à coeur).

Verdict:Si simple et  si bon. Risotto tout léger et fondant, indémodables saint-jacques. Note pour plus tard: c’est bien plus jouissif de cuisiner ET de se régaler que de se taper une tentative de shopping en période de soldes. Je dis « note pour plus tard » bien que cette affirmation résonne comme une évidence, parce qu’on dirait que, chaque année, j’ai tendance à nier l’évidence. Donc, note pour plus tard bis repetita: ne pas oublier que cuisiner est plus réjouissant que shopper, ne pas oublier que cuisiner est plus réjouissant que shopper, ne pas oublier que………. Oh pitin, – 60% chez Somewhere j’y crois pas! euuh, attendez j’reviens là, tu surveilles le feu dis?

nb: ne pas oublier que…Que quoi déjà?

La salade extra-ordinaire…et autres faits divers (une femme, son poissonier, et conclusions tirées)


 Ca y est, je suis réconciliée avec mon poissonnier. Enfin… je suis réconciliée avec le nouveau pour être exacte. Bon, bon j’avoue, j’ai tout simplement changé d’étal. Faut dire, après cette expérience sardinesque, j’avais moyen envie d’aller lui refiler mes pépettes du dimanche matin, à ce bougre de commerçant. Il aurait eu beau me jurer par tous les grands dieux, et même Poséidon tiens, que ce que j’lui demande, montre du doigt là, c’est « le top du top frais du matin pêché », va savoir pourquoi, j’aurais eu du mal à le croire.
Bref, sachant très bien qu’un commerçant ment, par définition, et que moi tout ce que je voulais ce matin c’était des crevettes, et non pas tenter de démontrer le contraire de la vérité sus-énoncée  je change d’étal, point barre. (Oui oui, je sais, celui-là aussi est commerçant, mais donnons lui sa chance) Grand bien m’en fait, le « nouveau », crevettier de son état (oui je n’achète quasi que des crevettes, donc le terme me semble plus approprié) m’offre 50 grammes de rabe « à défaut de roses j’offre des crevettes ». En plus il est poète, quelle veine hein.
L’ huitrier de renchérir: « aah seulement une demi-douzaine! j’avais pas compris, vos yeux m’ont troublé! ». Hum hum, dis rien, sourie, paie. C’est bizarre moi ce matin j’ai eu plutôt du mal à les trouver, mes yeux, entre les cernes et la frange défraichie.

Y’a pas à dire, des matins comme ça, ça vous change une femme! Enfin, ça met de bonne humeur quoi…(donc ça change, pour bibi, diront les mauvaises langues connaisseurs) Et d’où la conclusion de MsieurBonbon, qui sait tirer son épingle du lot (qui feint de faire fi de toute jalousie): « Ah bah tu vois j’avais raison, il vaut mieux que ça soit toi qui fasses le marché, parce que tu vois moi, avec mes poils et mes biscottos,  j’aurais pas eu le rab de crevettes et même pas en rêve les deux huitres gratos! ». Re hum hum.
De ces péripéties outrageusement folichonnes, je dresse quelques constats passionnants:

1: être une femme à certains avantages. Entre autre, il semblerait que ça facilite le marchandage et/ou les bonnes affaires. Pour autant que le poissonnier/crevettier/huitrier soit du sexe masculin et pas trop regardant sur la marchandise (ou aussi mal réveillé que vous).
2: changer simplement de commerçant permet parfois de changer ses idées sur le métier. Ses crevettes sont top, fraiches, et, jvous jure c’est dingue, sans arrêtes! …
3: l’homme, le vôtre, trouvera toujours moyen de tirer la situation à son avantage, malgré les « groumf » et autres « le sal*** » explicites.  Vous êtes incontestablement plus douée pour faire le marché, DONC cette tâche vous revient tout naturellement. Mais bien sûr.
4: cette matinée faite de  remarques salaces tendres compliments, et de crustacés bonus me donne une inspiration du tonnerre! et une faim d’ogre, ouais, aussi.
Parce que mine de rien, faire le marché, sourire poliment aux mémés pas pressées suivies de leurs caddies écrase-orteils (ceci dit, j’y réfléchirai à deux fois dimanche prochain, en enfilant mes tongs…) entre deux achats, ça creuse.

Pour 2 bols et 4 mini-brochettes: 350 g de crevettes roses cuites-1 mangue mûre-1/2 avocat-3 tomates cerises- 1/2 citron vert-ciboulette et persil frais- 1càs de graines de moutarde noires- piment d’Espelette- coriandre en poudre- 2 poignée de salade(feuille de chêne ici) – 100g de nouilles de riz fines- 1 càs de noix de cajou et/ou cachouètes salées grillées à sec- feuilles de menthe. Pour servir: sauce soja ou sauce nuoc-mam selon les goûts.

Couper la mangue et l’avocat en dés (réserver 8 dés de mangue). Arroser avec le jus du demi citron vert. Ajouter les crevettes décortiquées coupées en 2 (en réserver 12 entières pour les brochettes).  Ajouter les tomates cerises  en quartier. Assaisonner avec: sel, poivre, piment d’Espelette, coriandre en poudre (la main légère!), ciboulette et  persil ciselés. Mélanger le tout délicatement et garder au frais.

Cuire les nouilles comme indiqué sur le paquet (~4min à l’eau bouillante), rincer à l’eau froide.
Au fond de chaque bol, disposer un lit de salade, puis un petit tas de nouilles sur l’un des côté, et enfin la moitié de la préparation « mangue-avocat-crevettes ». Parsemer de noix de cajou/cachouètes grossièrement hachées, décorer de feuille de menthe.

Pour les brochettes: réaliser 4 petites brochettes en alternant dés de mangue et crevettes entières, poêler à feu vif 2 minutes de chaque côté dans un peu de matière grasse. Servir immédiatement avec la salade bien fraîche. Assaisonner au choix de sauce soja, nuoc-mam ou simple citron vert (la petite « salsa » a déjà beaucoup de goût).

Verdict: c’est « fabuleux ». C’est même pas moi qui le dit d’abord! Mais là on a trouvé un de nos « classiques », c’est sûr… Alors oui, je crois bien que je vais devoir continuer à faire le marché le dimanche…

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