Archive for avril, 2012

à bout de souffle. Au chocolat.

 

 


Tire sur la corde. Oui, tu as vu comme par magie, elle devient élastique? T’aurais pas pensé pouvoir tant tirer, hein? Ressources insoupçonnées quand il s’agit de se tester. Certes tu tires aussi la langue, tu as le souffle court, mais tu y es arrivé. Hum oui bon…arrivé où? tu te demandes. Je répondrais volontiers n’importe où tant que tu avances, mais le mieux, l’idéal, l’inespéré, serait de savoir un peu où tu mets les pieds, ou les mains, ou que sais-je encore.

Sauf que tu prends goût au hasard. Au risque et à l’aléatoire. Tu aimes la vitesse, l’excès et l’ivresse. Tu dénigres la douceur, l’ennui et la sagesse. Tu veux grimacer après l’effort, sentir ton corps réclamer le repos salvateur. Tu choisis l’expérience plutôt que l’aisance.

Cela ne te rappelle rien? toutes ces assiettes qui t’interpèlent, ces plats qui te claquent au visage, ces associations fulgurantes et déroutantes? Déjà là, tu choisis l’expérience plutôt que l’aisance. Tu ne cherches pas le confort d’une cuisine rassurante, aimante, nourrissante, ce que tu veux c’est douter, hésiter, tester, humer, toucher, goûter. Vibrer.

Le chocolat, tu l’aimes extra-bitter. Corsé, bref et puissant. Amer, surtout. Le plaisir intense du cynisme appliqué au chocolat. Un dark black à 99%. Un grand cru qui te brûle les lèvres, te heurte les papilles. Le choisis-tu vraiment par goût? Ne le choisis-tu pas par hasard, par erreur, par défaut, par dépit, parce qu’il te renforce, parce qu’il te protège, parce qu’il te cache, parce que tu fuis, la douceur?

Tu commences à comprendre, à voir de quoi je parle?

Je ne peux pas te dire combien de temps ça va durer, je ne peux pas te dire si c’est fait pour durer, je ne peux pas te dire que tu ne vas pas t’en lasser. Tu risques même de t’essouffler. Et puis, cette corde brûle les mains, tire encore un peu et peut-être y laisseras-tu quelques lambeaux de peau, de naïveté et d’espoir,tiens.

Arrête toi un instant. Lâche prise. Plus de corde raide. Un fil souple, un ruban de soie. Laisse toi caresser, mets un sucre dans ton café. Dans ce soufflé extra-bitter, viens plonger la crème glacée, qu’elle calme tes brûlures et tes ardeurs, qu’elle soigne tes blessures. Réalise comme tout est question d’équilibre et de complémentarité. L’amertume t’agresse, la douceur t’écoeure. L’ensemble te comble.

 

 

Pour 4 personnes


Soufflé au chocolat:

-250g de chocolat noir corsé

-50g de beurre demi-sel

-8 blancs d’oeufs

-3 jaunes d’oeufs

-50g de sucre

Faire fondre le chocolat et le beurre au bain-marie. Laisser tiédir. Monter les blancs en neige en ajoutant le sucre progressivement. Ajouter les jaunes dans cette « meringue ». Incorporer ensuite au mélange chocolat/beurre, sans casser la masse. Beurrer et sucrer des moules à soufflé. Remplir à ras bord, lisser à la spatule puis démarquer le bord du soufflé en le pinçant entre le pouce et l’index, sur tout le tour. Enfourner 12 minutes à 180°.

crème glacée vanille:

-5 jaunes d’oeufs

-50g de sucre

-250g de lait

-250g de crème liquide entière

-3 gousses de vanille

Faire chauffer le lait et la crème. Fouetter les jaunes avec le sucre et la pulpe de vanille. Verser le lait sur ce mélange, puis remettre à cuire dans une casserole, sans cesser de remuer à la spatule, sur feu moyen/doux. Débarrasser et refroidir quand la crème devient nappante. Mettre en sorbetière.

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