Archive for mars, 2012

Mange, vis, aime

Chers vous, toi, moi,
J’ai eu besoin de me planquer pour écrire aujourd’hui, trouver le refuge idéal pour passer ce petit cap supplémentaire, accepter l’année de plus, grandir un peu plus sereinement. J’ai cherché l’endroit, puis je me suis souvenue d’un espace-temps délaissé…Ca s’appelle Accrocs, et c’est juste là.
On est pas mal ici. C’est sobre et chaleureux à la fois, et puis on peut dire un peu qu’est-ce qu’on veut et comment qu’on veut y’a personne pour trop venir faire chier la bite.
Enfin c’est pas une raison pour mettre à mal toute la syntaxe française quand même, et encore moins se laisser aller à la vulgarité, hein.
Aujourd’hui, j’ai soufflé mes bougies et eu soudain l’envie de te parler d’amour. Ca parait con, dit comme ça. Ca paraîtra peut-être toujours con dit autrement ceci dit. Au moins t’es prévenu. Je voulais te parler d’amour, ou si ce n’est pas à toi c’est à moi, ou à qui en aurait besoin. Si tu ne veux pas en entendre parler, parce que c’est trop vrai, trop con, trop chiant, trop flippant, tu as le droit de sauter quelques paragraphes, et voir que je ne te laisse pas mourir de faim.

Chaque année souffler les bougies, ou ouvrir fébrilement mes paquets cadeaux, me replonge inévitablement dans l’énumération mentale de tous ces mêmes moments déjà vécus, fêtés, plus ou moins accompagnée. Je repense alors forcément à celui qui ne me le souhaitera pas, plus, never ever, et c’est toujours la même rengaine ‘et qu’est-ce qu’il m’aurait offert?…et est-ce qu’il serait fier de ce que je fais, suis devenue? et est-ce que l’on s’engueulerait pour rien? et est-ce qu’il irait péter la gueule du sale type qui m’a fait pleuré ?’.
Du coup, je fais en sorte de pas être trop seule à ce moment-là, et c’est ma petite session d’exorcisme, de catharsis annuelle. Aujourd’hui, j’ai soufflé une bougie de plus, les souvenirs ont défilé, la rengaine peut démarrer. Mais je n’ai personne à côté, à qui raconter, pourquoi, je t’assure, ça passe toujours les chagrins d’amour, parce que tu ne forceras personne à t’aimer, et si tu t’obstines tu t’épuiseras jusqu’à la mort.
Bien sûr que non ceci n’est pas une vérité générale. Mais une expérience de vie comme celle-ci t’endurcit forcément, te rend moins tolérant envers la faiblesse sentimentale. Alors que, toi aussi, t’as chialé des torrents pour qu’il t’aime encore.
Ne pas supporter la vie sans l’autre, c’est ne pas vouloir apprendre à vivre seul, à vivre tout court. C’est ne pas se sentir capable de passer à autre chose, d’oublier, de tout gommer, tout recommencer. C’est aussi oublier tout le reste de ta vie. C’est lâche et égoïste, c’est fort et terriblement courageux. C’est admettre ta faiblesse, ne pas imposer ton chagrin, mais inspirer la tristesse, provoquer leur chagrin, générer la colère.
Si un jour nous sommes amoureux, et puis si un jour tu ne m’aimes plus, je te jure que je ne verserai qu’une larme.Allez, deux. Vous, mes amis, soyez assurés que vos épaules soutiendront ma peine le moins de temps possible. Je te dis juste que la vie est trop courte pour accepter qu’elle soit triste. Je te dis juste qu’on ne contrôle pas les sentiments, que tu vas perdre ta force, ta foi, ton amour-propre, peut-être tes amis, alliés, amants, à vouloir les maîtriser. Ce temps et cette énergie que tu gaspilles…
Accepter d’aimer c’est prendre le risque de pleurer. En fait, tu vois, même dit autrement, ça fait toujours un peu con. Mais j’avais juste envie de le dire, le redire, l’écrire. Ce n’est pas parce que je l’ai vu mourir d’amour que je choisis de résister aux sentiments. Je préfère aimer, vibrer, quite à sombrer…. car je sais qu’il suffit ensuite de fermer les yeux quelques instants, accepter la réalité, noyer un peu son chagrin dans la vodka glace, pour mieux rebondir, grandir, vas-y tu vois tu y arrives, allez, aime, pleure, sèche-moi tes larmes, crie vas-y tu y es presque, ouvre les yeux, il fait beau, allez, c’est maintenant, VIS.

 

 

J’aurais bien voulu te servir quelque chose comme ça, un ensemble cohérent et fou à la fois, précis et multiple, audacieux et stimulant, une assette pleine… d’amour, en fait.

Rouget/Chou-fleur/A.C.E

Pour 4 personnes

1 chou-fleur
50cl de lait
50cl d’eau
gros sel
100g de beurre doux

4 rougets filetés

1 botte de petites carottes fanes
50g de beurre demi-sel

30cl de jus de carotte
10cl de jus d’orange
1 morceau de gingembre frais
100g de beurre demi-sel
5 cl de crème liquide

1 orange

Porter l’eau et le lait à ébullition. Cuire le chou-fleur dans ce mélange 30 minutes, égoutter, mixer en ajoutant le beurre froid progressivement.

Eplucher les carottes, garder un peu de fanes. Les cuire à l’eau bouillante salée 3 minutes, refroidir dans de l’eau glacée. Au moment de servir, réchauffer au beurre à la poêle.

Faire réduire le jus d’orange et le jus de carotte ensemble, avec le gingembre coupé en dés. Réduire aux 3/4, puis monter au beurre. Rectifier l’assaisonnement et ajouter un peu de crème si nécessaire.

Cuire les filets de rougets sous le grill du four (250°), 3 minutes, côté peau dessus, avec un filet d’huile d’olive.

Servir avec les suprêmes d’une orange, les fanes de carottes et quelques pousses de shiso.

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