Archive for août, 2011

Il fallait s’expulser du passé, ne pas le voir comme un rêve surrané. Archive, Mirazur, Menton

Pour vous parler aujourd’hui de cet endroit, de ses assiettes, de cet instant hors du temps, j’avais besoin de grandir, de souffrir, et à nouveau m’épanouir. Il fallait que j’apprenne à regarder en arrière sans remords ni regrets, que j’apprenne à ne pas transformer les sales souvenirs en moments imaginaires. Il fallait que j’apprenne à dissocier l’amour du besoin, la joie du bonheur, l’exaltation de la plénitude, le sale type du mec bien.

Et pour être honnête, je ne devrais pas encore vous parler de ce moment.  J’ai encore des failles, des doutes, des rages, des rancoeurs. Je maquille le passé, adoucit les tons et les temps, et l’instant d’après je suis forte si forte et je suis loin de tout ça. Je dis « ça » car vous comprendrez qu’il n’est pas question là d’une personne autre que moi. C’est une situation, une blessure, qu’il faut faire disparaitre, panser et soigner sans relâche. Ce n’est pas quelqu’un que l’on aime et qu’on ne veut pas ne plus aimer. C’est un direct du droit à l’orgueil, et à la confiance. Sais tu fais la différence entre un chagrin d’amour et un chagrin d’orgueil, dis? Parce que moi, je commence tout juste à cerner…et c’est plutôt un soulagement. C’est pour ça, finalement, que je vais te parler du Mirazur. Aussi parce qu’il fait 35degrésà l’ombre, et qu’Avignon ne peut que tu rappeler ce périple estival.

J’hésitai et effaçai au moins 10 fois cette introduction, parce que ce que je ne voudrais pas par dessus tout, c’est qu’il y voit comme un hommage, de l’honneur, ou une quelconque attention de ma part. Parce que c’est justement là où les choses ont changé. Je ne veux plus crier ma colère et ma rage, j’écris juste pour vérifier où j’en suis. Je ne sais pas encore vraiment où pour être honnête, ça je te l’ai déjà dit, il n’y a pas un jour miraculeux où tu t’éveilles en sachant exactement qui tu es, précisément ce que tu veux, passionnément qui tu aimes. Mais je sais que je ne suis pas perdue. Car reconnaître que si l’on souffre encore un peu aujourdh’ui, c’est de son propre égo, de sa difficulté à savoir perdre, et non pas d’amour, putain, ça soulage.

Ca ne veut pas dire que tu es sortie d’affaire cependant. Car -j’aime bien généraliser tu le sais- on a tendance à sur-réagir à ce genre de gros coups durs. A tout vivre à l’excès. A se foutre de tout, aussi. Et de tout le monde, un peu. Comme une petite vengeance universelle justifiée. Sauf que le monde t’a rien fait finalement. Et cette forme d’égoïsme, incontrolée je te le concède, mais au fond pensée comme méritée, pas sûre qu’elle  te soit bénéfique. Mais bon, j’ai envie de croire que c’est reculer pour mieux sauter, dans le bon sens du terme. Prendre de l’élan, du recul, perdre du temps et se perdre un peu, pour sauter plus loin, plus haut, ensuite.

En attendant, va de têtes en fêtes, de soirée en virée, d’amis en amants, de restos en bistrots…vis quoi. Et si tu as la chance de descendre un peu plus au Sud encore (car non st germain des prés n’est pas considéré comme le Sud avec un grand S), fais donc un saut chez Mauro.

 

tomate

foie gras, champignon, truffe

courgettes, bouillon de légumes grillés

volaille, quinoa, lard, parmesan

cochon, pomme de terre, ail

pains et fromage

pomme

panacotta, pêche, verveine

J’ai toujours quelque difficulté à vous décrire les plats, à m’attarder à raconter ce qui, pour moi, ne se comprend qu’en le mangeant. Je n’aime pas vous ecrire la texture d’une viande, l’amertume d’une écume, l’onctuosité d’une crème. Je sais pourtant que cela fait partie du jeu. J’espère alors que les photos soutiendront suffisemment mon propos, et que ces quelques mots reflèteront à sa juste valeur la cuisine du Mirazur.

 

Je me rappelle l’exacte précision dans chaque assiette. Je ne vous parlerai pas de surprise, d’étonnement, mais plutôt de justesse, de finesse, de bon goût. Parfois il n’en faut pas plus. Il nous manque ici quelques amuses-bouches, la vue de l’immense chariot de fromages, pour compléter le tableau de la carte blanche. Autant vous dire que c’est  plutôt généreux. Je veux aussi vous parler d’équilibre, quand on passe de la fraicheur, la légereté d’une simple assiette de tomate, à la gourmandise du lard et du parmesan fondant sur le quinoa. On ne vient pas au Mirazur chercher le choc, la brutalité -dans leur sens positifs j’entends- mais tout simplement la belle réalisation, l’harmonie. Ca peut vous paraitre trop peu, ça manquerait surement de piquant à mes papilles si j’y retournais aujourd’hui. Parce qu’on cherche toujours plus fort, plus original, plus déroutant. Mais à cet instant, je peux vous assurer que rien ne manquait. Et je peux vous assurer aussi que ce n’est pas si fréquent, de pouvoir se satisfaire de la simplicité, tout bêtement parce qu’elle est parfaitement valorisée.
Si en plus vous avez la chance d’être au plus près de la baie vitrée, je crois que la plénitude n’est pas loin.

Restaurant Mirazur

30, avenue Aristide Briand
06500 MENTON

Tél :+33 (0)4 92 41 86 86

Les Menus :
- Formule déjeuner en semaine 29€ – Déjeuner : 33 € (sauf le dimanche)
- Découverte : 55 €
- Carte blanche : 105 €

A la Carte :
85 € hors boissons

Comme toujours, MERCI à l’équipe, du plongeur au chef, merci à chaque commis, chef de partie et stagiaire, en salle comme en cuisine. Merci de vous démener pour nous faire aimer.

 

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