Remède

 

Tu peux chercher des solutions, axer tes réflexions, creuser creuser creuser jusqu’au fond. Jusqu’à n’en plus pouvoir, ne plus rien voir, genre gros brouillon.

Arrête toi un peu, arrête de secouer la tête, de remuer tes méninges pauvre singe.

Je t’assure qu’il faudrait plus souvent savoir tout arrêter. Bien évidemment tu te dis que la réflexion est l’or de l’être humain, que la philosophie est ton plus grand bien. Mais regarde-toi, t’as l’air de quoi après tout ça?

T’y a pensé, t’en as rêvé, t’as tout imaginé tout torturé, et puis tu vois y’a rien qui marche. Sauf toi peut-être dans cette sale rue, regard hagard, air trop bizarre.

Tu te dis mais s’ils savaient, combien c’est le bordel entre mes yeux, que c’est normal qu’ils soient vitreux.

Dans tes pensées c’est le brouillard, humide et noir, regard trouillard. Tu rêverais d’un essuie-glace, un machin hyper efficace, contre la connerie et puis tout le reste. Pour balayer tout en cadence, un va et vient à grande vitesse, ça sécherait tes larmes et puis tout le reste.

Parfois vraiment je te jure, faudrait savoir tout arrêter. Se ramasser la gueule par terre, cogner dur la réalité. La chance, tes bras, tes jambes, ta tronche qui marche comme tout le reste.

Te rappeler le kiff que t’as, d’être là debout d’être encore là. Te rappeler petite bats-toi, c’est un combat gagné d’avance, t’as rien à perdre dans cette vie-là.

Faudrait que t’apprennes à regarder, dehors DEHORS et tout autour.L’introspection passe son tour, finis les voies sombres et les détours. Y’a des chemins à portée de main, faits d’or, de sable fin. Parfois la route est sous tes yeux, une petite sente facile d’accès, même pas cachée dans les bosquets.
Choisir au pif, rester naïf, je te l’ai dit cent fois déjà, t’as rien à perdre dans cette vie-là.

Surtout revenir à l’essence-même, ce qui te tient voire te maintient. Ton équilibre sur ce putain de fil.



Gateau au chocolat, nougatine de châtaigne

-180g de chocolat noir
-180g de beurre demi-sel
-4 oeufs
-140g de sucre brun
-1 cuillère à soupe de farine
-1 poignée de châtaignes cuites
-1 cuillère à soupe de sucre brun
-1 cuillère à soupe de feuillantine (crêpes dentelles émiettées)

Préchauffer le four à 190°. Faire fondre le beurre et le chocolat. Laisser tiédir. Fouetter les oeufs avec le sucre, ajouter la farine, puis le chocolat. Verser dans un moule, enfourner 15 à 20 minutes.

Faire griller les châtaignes dans une poêle sans matière grasse. Ajouter le sucre, faire caraméliser en remuant sans cesse. Ajouter la feuillantine. Laisser refroidir.

 

Roseval et puis c’est tout.

Aaah tu l’attendais au tournant, le Simone.

Sourire ravageur, assurance italo-parisienne et arrogance fondingo-culinaire, tout pour plaire en somme. Sauf que, souviens-toi bien, le type assurait comme un beau petit diable à la droite de Giovanni chez Rino. Et que sous ses airs de barbu/branleur/branché, se cache probablement un grand maniaque du produit, un fanatique de l’assaisonnement.

A te servir un merlu comme ça, je vais te dire, Simone peut bien selarac tant qu’il veut. Que les critiques critiquent, que les jaloux jalousent, mais toi, réserves déjà ta prochaine table là-bas.

Merlu grillé, mayonnaise à l’huître, poireau, lierre terrestre

Ah, et si tu hésitais parce qu’on taxait le Roseval de faire une « cuisine d’assemblage », je te conseille quand même d’aller goûter leur idée de l’assemblage. Parce que des langoustines avec du coeur de canard, provoc’ foutraque aux yeux des détraqueurs vintage, c’est très très bon, en fait.

langoustines, coeur de canard, épinard, bouillon à la verveine, ail des ours

Roseval

1 rue d’Eupatoria
75020
09 53 56 24 14

Ouvert au dîner du lundi au vendredi soir // Menu en 5 services 40 euros / 47 avec le fromage

S’absenter, flipper, inventer. Banane, noisette et chocolat.

La routine souvent, toujours, s’installe. Dans nos petits cerveaux fragiles, dans nos corps stressés, dans nos gestes agacés. Par peur de rater tu te contentes de répéter, d’être là comme d’habitude. Te lever du côté droit comme d’habitude, boire dans ce verre-là comme d’habitude, prendre cet itinéraire-là comme d’habitude.

Réinventer les choses demande de l’énergie, du courage et beaucoup de légèreté. Rien que pour commander un thé glacé à la place de ton express, c’est un calvaire. Mains moites, rongement d’ongles, accélération cardiaque.

Qu’est-ce que ça va être alors, imagine, quand il sera question d’inventions cruciales, vitales, folles et passionnées? Tout est à créer, à modifier, à essayer. Sinon, je t’assure, tu risques non seulement de te faire sacrément chier, mais aussi et surtout de te planter.

Le risque est présent, il fait partie du jeu. Je ne vais pas te dire qu’il n’y a rien à perdre, car au contraire, tu pourrais y laisser beaucoup. Des plumes, des larmes et du confort.

Tout est question d’équilibre, et tu dois chercher le tien, perché sur ton fil. Personne ne te tiendra la main quand il faudra choisir d’avancer de telle ou telle manière, et c’est pour ça exactement ça que cela sera jouissif, extatique. Tu peux tout inventer, il n’y a pas une façon de marcher. Et si c’est sur les mains que ça te convient, fais-le.

Bien souvent tu tentes de « rester dans le droit chemin », sans te demander alors si ce chemin est réellement DROIT, et qui en a décidé ainsi, et dans quelle mesure DOIS-tu marcher en ligne droite? Normes, coutumes, habitudes, sont les frontières qui délimitent ton terrain de jeu, de vie. Vas au delà. Joues plus loin.

Par peur de tout gâcher, d’échouer, tu oses rarement. Alors qu’il te suffit de regarder autour pour te rendre à l’évidence que l’échec, ce n’est pas ce qui t’attend si tu oses, mais ce qui ES déjà.
On t’aide, on te conseille, on te fait remplir des tests et gober des pilules, pour réussir ta vie. Pour accéder à ce qu’on a défini comme le bonheur.
Tu en oublies que tu n’as absolument aucune idée de l’identité de l’abruti qui a pu définir ça un jour.

Tu en oublies que si l’on gobe tant de pilules, si l’on échoue tant de fois, c’est peut-être tout bêtement parce que l’on cherche ce que l’on n’a jamais voulu.

Allez, absente-toi un peu de ce monde, et invente un truc.

Ca, c’est pour l’énergie qu’il te faudra. Trois éléments évidents jouissifs et excessifs.

Financier banane noisette:
- 50 g de poudre de noisettes
- 50 g de farine fluide
- 150 g de sucre
- 75 g de beurre noisette
- 4 blancs
- 1 pincée de sel

Mélanger les blancs d’oeufs, le sucre, la farine, la poudre de noisette et le sel. Ajouter le beurre fondu et coloré, verser dans une plaque beurrée, enfourner à 220° pendant 20 minutes environ. Laisser refroidir et découper.

Panacotta chocolat au lait:
-25cl de lait
-25cl de crème
-50g de sucre
-4 feuilles de gélatine
-100g de chocolat au lait

Faire bouillir le lait et la crème avec le sucre. Ajouter la gélatine ramollie dans de l’eau froide au préalable. Verser sur le chocolat en 3 fois, puis verser en plaque. Laisser refroidir 2 heures minimum et découper.

Sauce chocolat noir:
-250g de crème liquide entière
-225g de chocolat noir corsé
-1 cuillère d’huile de noisettes

Faire bouillir la crème, verser sur le chocolat, fouetter, ajouter l’huile de noisette. Garder à température ambiante.

Noisettes caramélisées et poudre de noisettes:
-100g de sucre
-15g de beurre
-fleur de sel
-100g de noisettes torréfiées au four (20 minutes sur plaque à 150°)

Faire un caramel à sec, à feu vif, ajouter le beurre, puis les noisettes. Baisser le feu et enrober à la spatule les noisettes. Verser sur une plaque et laisser refroidir. Mixer la moitié pour obtenir une poudre.

 

Une chose est sûre. Tartare de meufs.

Tu te demandes sans cesse ou chercher le réel. Dans les sentiments ou les faits, dans les songes ou dans l’action. Tu te perds à chercher ce qui n’existe finalement que lorsque toi même le définis. Tu cherches ce qui ne se trouve pas au détour d’un chemin, par hasard, mais se construit de l’intérieur. Le réel, c’est toi.

C’est toi qui songes, toi qui décides.

Décide de petites choses, entraîne-toi.

Le réel est à portée de main, pour peu qu’on se donne la peine de le penser. Si tu te sens un peu paumé, crée, imagine, en pensée déjà. Peu à peu le réel prend forme, à force d’imagination tu le dessines et l’adaptes. L’idée est aussi réelle que la chose.

Je me rappelle André Breton: « L’imaginaire est ce qui tend vers le réel. »

Avec L., rencontré au détour d’un dîner fulgurant, on s’est attelées six jours durant à créer du réel comestible. La réalité étant que certaines filles préfèrent vraiment le boeuf cru à la vanille.

Tartare de boeuf pour Lucile G.
(4 portions)

-320g de poire de boeuf
-2 échalotes
-2 jus de citron jaune
-une dizaine de radis rouges
-1/2 botte de persil
-huile d’olive
-fleur de sel
-poivre

-150g de crème fleurette
-50g de lait entier
-50g de parmesan frais râpé

-quelques feuilles d’ail des ours

Faire bouillir la crème et le lait, ajouter le parmesan. Laisser fondre à feu doux et rectifier l’assaisonnement en sel et poivre si nécessaire.
Couper le boeuf en petits dés ainsi que les radis. Ciseler finement le persil et les échalotes. Mélanger ces éléments et assaisonner avec le jus des citrons, de l’huile d’olive, du sel et du poivre.
Au dernier moment, poêler quelques feuilles d’ail des ours à feu vif dans un filet d’huile d’olive.
Servir le tartare avec un peu de crème de parmesan et une feuille d’ail des ours.

 

 

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